Tchad: Electricité - protocole d'accord entre Camerounais et Tchadiens

Le Potentiel

Tchad: Electricité - protocole d'accord entre Camerounais et Tchadiens

Faustin Kuediasala

26 Octobre 2007

Kinshasa — Suivant les orientations du PEAC
Un protocole d'accord a été signé pour la réalisation de l'interconnexion entre le Cameroun et le Tchad, rapporte une dépêche de Cameroun-Info. Ce projet, qui fait partie des axes retenus dans le cadre de la mise en marche du Pool énergétique de l'Afrique centrale, vise à renforcer davantage les efforts d'intégration dans la sous-région.
«L'énergie est à l'origine de tout développement. Non seulement elle permet l'éclairage domestique et public mais permet d'alimenter les structures des petites et moyennes entreprises, véritables supports du développement socio-économique » On ne saurait dire mieux, pour illustrer l'importance de l'accord signé entre les gouvernements camerounais et tchadien, pour la réalisation de l'interconnexion électrique et l'électrification des localités transfrontalières entre les deux pays. L'acte a été signé par le ministre d'Etat, ministre tchadien des Mines et de l'Energie, Mahamat Ali Abdallah Nassour et le ministre camerounais de l'Energie et de l'Eau, Jean Bernard Sindeu.
Au-delà de l'aspect purement protocolaire, ce projet consacre, selon les deux principaux acteurs de la cérémonie qui s'est tenue à Yaoundé, la volonté des deux pays d'entrer dans une phase concrète de coopération positive. Dans le domaine de l'énergie, il est notamment question de rattraper le retard qu'accuse la sous-région Afrique centrale. La voie de la coopération se révèle comme une de celles susceptibles d'y remédier. Cette volonté a été manifestée par les chefs d'Etat de la sous-région, à travers la création du Pool énergétique d'Afrique centrale (PEAC). L'expérience engagée par le Cameroun et le Tchad est pionnière en la matière a le don de baliser un domaine qui, de l'avis de tous, pourrait permettre l'essor économique des localités transfrontalières concernées.
Sur le plan des investissements, il sera question de construire un ouvrage hydroélectrique à Warack, pour compenser les menaces de saturation du barrage de Lagdo. En sus, deux lignes de transport seront nécessaires, une de 255 km entre Maroua et Kousseri et l'autre de 5 km entre Kousseri et N'Djamena, intégrant aussi un réseau interne. De même, de nombreux postes de transformation et des aménagements sur le réseau existant sont prévus. Le coût total du projet est estimé à environ 33,6 millions de francs CFA, aux conditions économiques de 1998.
A LA RECHERCHE D'UNE NOUVELLE DYNAMIQUE
Le comité des experts du Pool Energétique de l'Afrique Centrale (PEAC) s'est réuni les 16 et 17 octobre à Brazzaville en session ordinaire en marge de la treizième Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) qui aura lieu à la fin du mois.
La réunion a permis d'examiner les documents soumettre à la session extraordinaire du conseil des ministres du PEAC à Brazzaville, notamment le plan d'action 2006-2010 et le dossier du plaidoyer sur le développement du secteur de l'électricité en Afrique centrale.
L'Afrique centrale est dotée d'un potentiel hydroélectrique de 650 000 000 kilowatt-heure par an, mais reste la partie la moins électrifiée de toutes les sous-régions d'Afrique. Le service y est caractérisé par des délestages fréquents.
Les experts du PEAC visent à « valoriser l'énorme potentiel hydroélectrique de l'Afrique centrale pour satisfaire toutes les formes de demandes en électricité au sein et en dehors de l'espace CEEAC via des boulevards énergétiques interconnectés et des marchés libres d'échange d'énergie électrique efficaces et prospères ».
C'est en 2005 lors d'une rencontre à Yaoundé au Cameroun que des experts du Pool énergétique de l'Afrique centrale (PEAC) ont posé les jalons qui permettront en effet de démocratiser l'accès de l'énergie électrique dans toutes les couches sociales de la sous-région. Le premier centre de préoccupation des experts a notamment été la proposition des activités de lancement du plan d'action (2006-2010). Dans la foulée, des programmes d'activité et de budget 2006 ont été élaborés.
Les avis émis par les experts au sujet des axes prioritaires du plan d'action de l'organisme ont été soumis aux organes délibérants du PEAC. En prélude aux travaux des conseils exécutifs et des ministres de l'organisme, le conseil de direction s'était particulièrement intéressé aux sujets tels que : les possibilités de poursuite du programme de renforcement des capacités du secrétariat permanent ; l'étude du schéma directeur du marché de l'électricité régionale; le ciblage des projets d'électrification transfrontalière ; l'étude sur l'interconnexion des réseaux électriques des Etats de la communauté économique de l'Afrique centrale ; la poursuite de la mise en oeuvre du marché de l'électricité ; la poursuite des contacts de coopération avec les partenaires au développement et les autres pools énergétiques africains pour la mise en oeuvre des instruments du marché africain de l'électricité au travers des boulevards et autoroutes électriques.

Consultable en ligne sur : http://fr.allafrica.com/stories/200710260524.html