Pénurie d'eau et d'électricité au Burkina Faso (juin 2009)

Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: "y a pas courant, y a pas eau"

5 Juin 2009

Comme si le délestage de la SONABEL seul ne suffisait pas pour faire le malheur des populations de Ouagadougou, voilà que les coupures d'eau viennent renforcer leurs pénitences. Et cela sans que la nationale de l'eau ne se donne la peine d'apporter la moindre explication à qui que ce soit. Au moment où cette société inaugure en grande pompe dans les provinces, son programme d'Adduction d'eau potable (AEP), les populations de la capitale, elles, voient leurs robinets s'assécher.

Et pourtant, on a toujours cru jusque-là, que pour une entreprise, grandir c'est consolider d'abord, ses acquis avant d'engager d'autres aventures au risque de se retrouver dans le décor. Mais qu'à cela ne tienne, le manque d'électricité et d'eau à Ouagadougou a fini par renforcer les plus sceptiques dans leur conviction selon laquelle les succès ou les avancées annoncés ne sont que des actions d'éclat. "Au fond, il n'y a rien de solide", disent-ils. La situation difficile que connaissent actuellement les populations est la preuve que plus de sérieux doit être mis dans la conduite des projets de développement. Au moment où le Burkina Faso se construit une image d'un pays où il fait bon de faire des affaires, la précarité révélée des installations électriques et du réseau hydraulique ne peut constituer un élément attractif pour des investissements.

Combien sont-elles les entreprises mises en difficulté face au manque d'eau et d'électricité ? Combien sont-elles ces ménagères, vendeuses d'eau glacée, de bisap, de yamakoudji qui voient leurs affaires péricliter, faute d'eau ou d'électricité ? Combien sont-elles ces personnes, surtout les enfants qui, en cette période de canicule, doivent traîner la saleté avec tous les risques de maladies, faute d'eau pour se laver ? Combien, combien... ? Les désagréments sont nombreux, multiples et divers.

Les réactions des entreprises en cause doivent aller au-délà des bonnes intentions et montrer aux populations qu'elles travaillent pour résoudre leurs problèmes. D'où la nécessité de maintenir une communication permanente avec le client, en l'informant sur chaque étape de la vie de l'entreprise. Certes, ces derniers temps, on reconnaît que l'ONEA et la SONABEL ont fait des progrès dans ce sens. Mais comme on le dit souvent au Faso : "c'est bon mais c'est pas arrivé".

consultable en ligne sur : http://fr.allafrica.com/stories/200906050334.html