Madagascar: L'accès à l'eau potable reste un luxe

L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: L'accès à l'eau potable reste un luxe

Stéphane Solofonandrasana

11 Juillet 2007

L'adduction d'eau potable auprès de la majorité de la population constitue un des objectifs du Millénaire, en général, et celui du Madagascar action plan, en particulier.

Dans certains endroits, l'eau même croupie, est utilisée, car rare.

Malnutrition, manque de logement, chômage sont la préoccupation du monde entier depuis quelques décennies. Le problème d'accès à l'eau vient s'ajouter à ces difficultés qui perdurent.

L'eau est, en effet, classée parmi les denrées les plus rares de la planète.

Dans nombre de pays sous développés, les maladies qui lui sont liées, donc à l'hygiène continuent de sévir faute d'eau potable, elle-même inhérente à la pauvreté de la population. Les eaux insalubres provoquent souvent des maladies diarrhéiques, tuant 20% d'enfants dans le monde.

Madagascar ne fait pas exception. Dans le monde rural où l'eau potable est presque inexistante, les impacts sont énormes. Même dans les grandes villes, un nombre élevé de la population connaît ce blocage. Très peu de ménages peuvent se permettre de ce "produit de luxe".

Une prise de conscience se fait cependant sentir. Un projet pour la promotion et l'amélioration de l'hygiène a été donc initié par le gouvernement malgache, afin de maîtriser la situation. La plateforme nationale Diorano-Wash est donc mise en place, grâce à l'appui de l'agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid). Un projet d'amélioration de l'hygiène ou Hygiene improvement project (Hip) rend la plateforme opérationnelle.

"Pour le moment, le Diorano-Wash est installé dans sept régions", a annoncé un responsable de la plateforme, lors de la cérémonie de lancement à Toamasina, en mai.

Les régions Atsinanana, Anosy, Atsimo Andrefana, Analamanga, Menabe, Amoron'i Mania, et Matsiatra Ambony en sont les premières à être choisies pour le démarrage. Les responsables du Diorano-Wash affirment qu'aucun critère de primauté n'a été pris en compte pour le choix de ces sites.

Adduction d'eau

Pour le cas de Toamasina, capitale de la région Atsinanana, l'eau constitue depuis toujours un problème. Pourtant, la population y est encore gâtée par un climat humide qui lui fournit de l'eau.

Selon l'agence locale d'eau et d'électricité, la Jirama, seuls 10 635 ménages sont abonnés dans le port de la côte Est. Pour le moment, la demande d'adduction ne dépasse pas 49, avec une moyenne annuelle de 200 demandes. Trois quartiers, à savoir Andranomadio, Morarano, et Mangarano, accusent encore du retard en matière d'adduction d'eau.

Le reste, gâtée par la nappe phréatique, se suffit à l'utilisation de pompes aspirantes, communément appelées "paompy tany". Or, la qualité de l'eau que l'on puise suscite souvent des critiques, difficilement acceptée comme potable. D'après la plateforme, la première phase du projet Hip consiste à faire des enfants, entre autres les scolarisés, des messagers des efforts pour l'hygiène et l'assainissement.

Selon les responsables, Diorano-Wash envisage d'étendre ses actions dans la partie sud de l'Ile, dont la région Ihorombe. Les autres circonscriptions seront prochainement couvertes.

"Il n'y aura pas de développement économique si l'Etat ne se soucie pas de l'accès de la population à l'eau potable". C'est dans cette optique que Diorano-Wash entend mener la lutte en matière de réduction de la pauvreté, à travers l'éradication des maladies d'origine hydrique.

Le premier but de la plateforme est donc le changement de comportement de tout un chacun dans les années à venir.

Opérant au niveau des communatés territoriales décentralisées, Diorano-Wash regroupe et travaille étroitement avec les ministères de la Santé et du planniong familial, de l'Education nationale et de la recherche scientifique, de l'Energie, des partenaires techniques et financiers, ainsi que la société civile et le secteur privé.

La plateforme entend atteindre ses objectifs en cinq points. Le plus simple mais non négligeable est la promotion des pratiques élémentaires d'hygiène des populations.Trois thèmes sont proposés pour cette intervention : lavage des mains avec du savon ou autres détergents, utilisation effective des dispositifs d'élimination des excrétas nettoyables, préservation de la potabilité de l'eau du point de puisage jusqu'à la consommation.

Prévu dans les textes du Madagascar action plan, la plateforme vise à ce que les enfants pré-scolarisés et les élèves du primaire, considérés comme les plus vulnérables, adoptent les bons comportements hygiéniques d'ici 2015. Outre l'adoption de la charte et de la stratégie, des écoles amies du Wash ont été mises en place.

Pour y parvenir, Diorano-Wash envisage de faciliter l'accès de toutes les cibles à l'eau potable et à un système d'assainissement adéquat. Ainsi, ont été projetés, entre autres, la déconcentration des structures jusqu'au niveau communal, le renforcement de la sensibilisation à tous les niveaux, et la mise en place d'un centre de ressources humaines et techniques.

consultable en ligne sur : http://fr.allafrica.com/stories/200707120066.html