Eau potable - Approvisionnement satisfaisant en dépit de multiples contraintes

Tunisie: Eau potable - Approvisionnement satisfaisant en dépit de multiples contraintes

Chokri Gharbi

9 Juillet 2009

Les résultats d'une étude stratégique relative à l'eau potable et à l'assainissement en Tunisie a été élaborée sur demande du gouvernement tunisien par la Banque mondiale, en collaboration avec la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede) et l'Office national de l'assainissement (Onas) pour examiner la situation qui prévaut au niveau institutionnel, organisationnel et économique.

Cette étude a permis de diagnostiquer la situation actuelle et de définir les points forts et les points faibles afin de revoir les choix dans le but de faire face aux prochains défis, tout en fournissant des prestations de qualité à un coût raisonnable au profit des bénéficiaires résidant en zones urbaines ou en groupements ruraux.

Pour traiter les résultats de cette étude stratégique, une journée d'information a été organisée hier par le ministère de l'Environnement et du Développement durable en collaboration avec la Banque mondiale au Centre international des technologies de l'environnement de Tunis (Citet).

«La dimension environnementale occupe une bonne place dans les choix nationaux de développement. Un intérêt particulier a été accordé aux ressources hydriques dont la mobilisation, l'exploitation et la protection contre la pollution ainsi que l'amélioration de sa qualité constituent des priorités dans la politique environnementale nationale», rappelle le ministre. Si la préservation des ressources hydriques et leur développement sont considérés comme prioritaires, c'est parce qu'elles sont limitées en termes de quantités.

Ecart réduit entre l'offre et la demande

Ainsi, les ressources en eau ne dépassent pas les 4,8 milliards de m3 par an dont 610 millions de m3 sont à renouvellement faible et dont 1,5 millions de m3 se renouvellent annuellement et ont pour source la nappe phréatique. Les quantités qui coulent annuellement dans les oueds sont estimées à 2,1 milliards de m3. «Les efforts ont été axés sur la retenue des quantités mobilisables provenant des eaux profondes ou de surface, et ce, pour satisfaire les besoins, notamment dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie et du tourisme», précise l'orateur.

En tout cas, les prévisions portent sur des quantités d'eau mobilisables d'ici à l'horizon 2030, qui dépassent la demande. Mais, vu la diminution de l'écart entre l'offre et la demande, cela n'empêche pas de rationaliser la gestion des ressources hydriques dans tous les secteurs. Le rythme de la croissance génère une demande de plus en plus grande de l'eau. D'où la nécessité d'assurer l'équilibre entre l'offre et la demande, tout en préservant les ressources en termes de quantité et de qualité. Le recours à des techniques développées pour contribuer à la rationalisation de la consommation et la fourniture des quantités d'eau non conventionnelle sont fort utiles.

Le ministre a rappelé que «le secteur a réalisé des chiffres positifs répondant aux besoins en augmentation de l'économie et de la croissance urbaine et rurale. En effet, l'approvisionnement en eau potable en milieu urbain est presque de 100% contre plus de 90% en milieu rural. Le raccordement au réseau public d'assainissement est, quant à lui, de 82% pour les habitants en milieu urbain». Cela a eu pour conséquence une amélioration de la qualité de la vie des citoyens. La qualité des prestations des différents intervenants a contribué à la réalisation de ces performances.

Les contours d'une stratégie cohérente

Les stratégies mises en place se basent donc sur la rationalisation de la gestion durable et intégrée des ressources en eau qui doivent être protégées, tout en développant les aspects législatifs et institutionnels. L'exploitation des ressources non conventionnelles est également favorisée en privilégiant les eaux traitées qui peuvent être utilisées dans divers secteurs comme l'industrie, le tourisme, l'agriculture, ainsi que dans l'alimentation de la nappe en butte à l'épuisement et à la salinité. Cela permettra de diminuer la pression sur les ressources hydriques.

Certaines études ont, cependant, montré que ces ressources vont connaître un déséquilibre dans la mesure où la demande devrait atteindre à la fin de 2030 un niveau égal à celui des quantités conventionnelles disponibles. D'où l'importance de l'étude stratégique de la Banque mondiale qui devrait permettre de tracer les contours d'une stratégie cohérente pour préserver et protéger l'eau dans le cadre de la durabilité et sur la base de l'utilisation des eaux traitées et non conventionnelles, y compris le dessalement.

Le ministre s'est référé à l'aspect évaluation de l'étude pour rappeler les réussites en matière d'approvisionnement et d'assainissement, à la faveur d'une volonté politique claire qui a opté pour la mobilisation de l'eau, sa protection et le recours aux autres sources. L'orateur s'est félicité du travail effectué dans ce cadre par la Sonede et l'Onas, du partenariat avec les associations à intérêt collectif (AIC) qui sont transformées en des Groupements de développement agricole (GDA). Il a mis en exergue les prix relativement accessibles de l'eau qui tiennent compte de critères précis comme le niveau de consommation et les catégories y afférentes. Parallèlement, le rythme du rendement des activités économiques ne cesse d'évoluer, atteignant 5% au cours des vingt dernières années, ce qui a permis à l'Etat de financer les investissements programmés dans les domaines de l'eau potable, de l'assainissement, de l'amélioration du niveau de vie

A noter que 900 quartiers populaires ont été assainis, sur un ensemble de 1.110 zones où vivent un million et demi d'habitants répartis sur 180 communes dans tous les gouvernorats. Les prestations d'assainissement ont été généralisées pour toucher les petits groupements d'habitation et une partie du milieu rural. Dans les petites et moyennes communes, des stations d'épuration ont été créées. Le taux de raccordement a atteint ainsi 87%. Les 100 stations d'épuration traitent, quant à elles, 230 millions de m3 d'eaux usées par an.

Ces performances ne doivent pas cacher les aspects négatifs cités par l'étude dont les pressions financières sur la Sonede et l'Onas et le manque de coordination entre les différents intervenants dans le secteur.

consultable en ligne sur : http://fr.allafrica.com/stories/200907090536.html