Cameroun: Onep Maroc adjudicataire de l'affermage de la Snec

Cameroun: Onep Maroc adjudicataire de l'affermage de la Snec

Mathieu Nathanaël Njog

1 Octobre 2007

La désignation, vendredi 28 septembre 2007 par le ministre des Finances, de l'adjudicataire provisoire de l'affermage, marque la fin de la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec).
Une nouvelle ère s'ouvre pour l'offre et la gestion de l'eau potable au Cameroun. Le gouvernement a annoncé la désignation du Groupe de l'office nationale de l'eau potable du Maroc (Onep Delta Holding), comme adjudicataire provisoire de l'appel d'offres de l'affermage de la Snec. Un communiqué du ministre des finances (Minfi), Lazard Essimi Menye, signé vendredi dernier met ainsi fin au processus de privatisation de la Snec.
Deux concessionnaires étaient en compétition, la française Veola et la marocaine Onep. Selon, le communiqué du gouvernement, le comité technique de privatisation et de liquidation, appuyé par les bailleurs de fonds dont la Banque mondiale comme tête de file, a procédé à l'examen des soumissionnaires conformément aux prescriptions de l'appel d'offres. Le critère de sélection qui a prévalu a été " le prix d'exploitant entendu comme la part revenant au fermier dans le prix du m3 d'eau. " L'Office nationale de l'eau potable du Maroc (Onep) devient ainsi la société fermière de la Société nationale des eaux du Cameroun. Ce n'est pas une surprise pour le groupe Onep dont les membres du conseil d'administration avaient déjà présenté le 23 juillet dernier à Rabat, le plan d'action 2007 de cette entreprise. Parmi les résolutions de ce conseil d'administration, il y avait la mise en place d'une " société de droit privé pour la mise en affermage de l'alimentation en eau potable en milieu urbain et périurbain dans le périmètre d'activité de la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec)."
La pression des bailleurs de fonds
Cette sortie de l'Onep du Maroc était un indicateur dans le choix du bénéficiaire du contrat d'affermage en ce qui concerne la privatisation de la Société nationale des eaux du Cameroun. Nous l'annoncions déjà en fin juillet dernier dans un article intitulé " La Snec cédée aux Marocains. Attendue depuis fin juin, la privatisation de la Snec intervient avec plusieurs mois de retard. " Si l'on s'en tient aux engagements du Premier ministre Ephraïm Inoni, dans le mémorandum de politique économique et financière adressé au Fonds monétaire international le 29 mai dernier. " Le gouvernement mettra tout en oeuvre afin que l'adjudicataire provisoire du contrat d'affermage de la société soit sélectionné d'ici fin juin 2007. " La dernière mission conjointe Fmi-Banque mondiale a aussi noté ce retard dans son communiqué de fin de mission.
Pour la mise en activité de l'Onep Delta holding Ondima, le gouvernement camerounais annonce que tout sera mis en oeuvre pour le respect du délai prévu dans le dossier d'appel d'offres. Le capital de la société fermière réserve au moins 24 % des actions aux nationaux. Et le personnel nécessaire au démarrage de ses activités est prioritairement choisi parmi le personnel de la Snec.
A propos du processus de privatisation
C'est depuis août 2005, que cette privatisation est en chantier. Le gouvernement avait alors recruté le groupement de cabinets Ec/Msc/Sogreah/Eca comme conseillers dans l'élaboration d'un schéma de partenariat entre le secteur public et privé mieux adapté à l'environnement socio-économique du Cameroun, pour ce qui est de la fourniture du service public de l'eau potable. C'est ainsi qu'est mis sur pied ce scénario unique dans le processus de privatisation des entreprises publiques au Cameroun. En correction du schéma de privatisation de la Sonel. Ce nouveau schéma innovant prévoit la mise en place d'une société de patrimoine, à capitaux publics, dénommé Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) créée le 31 décembre 2005 par décret du chef de l'Etat. Et la possibilité de création d'une ou plusieurs sociétés à capitaux majoritairement privés, gérées par un fermier.
Ce scénario permet à l'Etat de garder la main sur les infrastructures de production que l'on estime à 300 milliards Fcfa, évaluation du patrimoine Snec de l'année 2005. Cette relative embellie s'est traduite par une hausse significative du chiffre d'affaires de 19 milliards de Fcfa en 2002 à 30 milliards de Fcfa en 2005. Et dans la même période la quantité d'eau vendue (57 à 75 millions de m3). Mais cette production reste très en deçà des besoins potentiels de la population, ainsi que de la couverture du territoire national. Qu'est-ce qui fait problème ?

Consultable en ligne sur : http://fr.allafrica.com/stories/200710011360.html