Article sur les possibles privatisations dans les secteurs de l'eau et de l'énergie au Burkina, (Les Afriques, 2007)

Les Afriques, journal de la finance africaine

Privatisation au Burkina : électricité, eau, hydrocarbure en de mire

27 entreprises ont déjà été privatisées au Burkina, mais les secteurs stratégiques de l’eau, de l’électricité et des hydrocarbures avaient été épargnés. C’est leur tour.

Par Hamza Touré, Ouagadougou

Le programme de privatisation et désengagement de l’Etat des secteurs productifs, engagé depuis 1991, entre dans sa dernière phase avec les mastodontes de l’économie nationale: les sociétés d’eau, d’électricité, d’hydrocarbures, les aéroports internationaux de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. A ce jour, 27 entreprises ont été privatisées, 13 liquidées et 3 retirées du programme.

En juin 2003 déjà, le Fonds monétaire international avait noté un ralentissement du programme de privatisation et déplorait le retard pris dans

la privatisation de trois entreprises publiques, la Société nationale burkinabée d’électricité (Sonate), la Société nationale des hydrocarbures (SONABHY) et l’Office national des télécommunications (ONATEL), reprise par Maroc Télécoms (51%) en janvier dernier.

Secteurs stratégiques

Ces entreprises des secteurs stratégiques que sont l’eau, l’électricité et les hydrocarbures doivent être privatisées d’ici 2015. S’agissant de l’électricité, le sous-secteur sera organisé en deux segments. Le premier est constitué des centres actuellement gérés par la SONABEL et le second de l’électrification rurale dont la mise en œuvre a déjà commencé avec un fonds d’électrification. Deux sociétés seront constituées sur les cendres de l’actuelle SONABEL. La première sera chargée par affermage de l’exploitation. Le capital sera détenu majoritairement par un partenaire stratégique associé à des privés nationaux et au personnel de l’entreprise.

La seconde sera une société de patrimoine détenue à 100% par l’Etat et qui aura en charge la gestion des infrastructures et des investissements. L’avantage de cette option est, selon le ministre de tutelle, la préservation de tous les emplois du personnel de la société.

Deux sociétés seront constituées sur les cendres de l’actuelle SONABEL.

En ce qui concerne la Société nationale burkinabée des hydrocarbures (SONABHY), le gouvernement a décidé en juin dernier de sa privatisation partielle et de la libéralisation des importations des produits pétroliers au Burkina Faso. Toutefois, la société continuera de détenir le monopole d’importation et de stockage des produits pétroliers, et son capital fera l’objet d’une ouverture minoritaire à des intérêts privés.

Autres dossiers

Le Burkina Faso importe annuellement environ 486 000 m3 d’hydrocarbures pour environ 134 millions d’euros par an. Il existait en janvier dernier 448 stations de distribution de produits pétroliers sur l'ensemble du territoire.

La privatisation des aéroports internationaux de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, décidée depuis 2000, s’inscrit dans le cadre de la réforme des activités aéronautiques nationales, avec pour principal axe la séparation des activités régaliennes de l’Etat d’avec les activités à caractère industriel et commercial. Il a été décidé la mise en concession de l’exploitation de l’aéroport de Ouagadougou et l’affermage de l’aéroport de Bobo-Dioulasso.

La privatisation de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), qui compte environ 65 000 abonnés sur toute l’étendue du territoire, ne devrait pas intervenir avant fin 2007, au terme du contrat de service signé avec le groupe Vivendi et financé par la Banque mondiale.

consultable en ligne sur : http://www.lesafriques.com/investissement/privatisation-au-burkina-elect...