Amélioration de la desserte en eau potable à la REGIDESO

La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Amélioration de la desserte en eau potable - L'Adg Mukalayi de la Regideso dévoile son plan d'action

Eugène Khonde

30 Mai 2007

Kinshasa — A moins d'un mois de son avènement à la tête de la Régie de Distribution d'Eau de la République Démocratique du Congo, REGIDESO en sigle, l'Administrateur délégué général de cette entreprise, M. Mukalayi Mwema vient de dresser un tableau synoptique qui retrace les lignes maîtresses de la problématique de la desserte en eau potable tant à Kinshasa qu'à l'intérieur du pays. C'était au cours d'une interview qu'il a accordée samedi dernier à la chaîne nationale, la RTNC, dans le site du grand complexe industriel de Ndjili. Un entretien au cours duquel, l'Adg de la Regideso a dévoilé le plan d'action qui va désormais régenter l'entreprise pendant les trois mois à venir. Ce programme trimestriel, selon les propres termes de l'Adg Mukalayi, s'inscrit dans la droite ligne de la mission assignée à son comité de gestion par le gouvernement autour de quatre points essentiels, à savoir : l'identification des objectifs globaux ; la détermination des moyens de mise en oeuvre du programme ; la mobilisation des ressources (recettes), leur affectation et leur répartition pour le besoin du bon fonctionnement de l'exploitation et, enfin, la sélection de critère d'évaluation de performance par des indicateurs vérifiables et mesurables de manière objective.
C'est ainsi du reste qu'en des termes clairs, le nouveau patron de la Regideso, a brossé de façon succincte et concise, la nouvelle vision de l'entreprise partant des efforts à entreprendre sur le terrain en vue d'une meilleure desserte en eau potable à la population.
Aussi, il n'a pas manqué d'évoquer la nature des travaux en cours de réalisation pour résorber le déficit d'eau enregistré dans certaines communes et quartiers de Kinshasa.
Des objectifs globaux
Au total huit objectifs ont été épinglés pour relever le niveau de rentabilité de la Regideso. Il s'agit notamment de restaurer la capacité de production de l'entreprise tant à Kinshasa que dans les autres grands centres d'exploitation de l'intérieur ; maîtriser la distribution en eau potable moyennant une prise en charge correcte des problèmes des investissements visant à l'amélioration de service de la clientèle ; améliorer le niveau de performance de la gestion technique, administrative et financière ; assainir et maîtriser les engagements qu'ils ont hérité du comité de gestion antérieur, des engagements pour arriver à une réduction des charges, du moins celles qui sont compressibles ; renforcer les efforts de recouvrement des abonnés tant privés que ceux relevant de la prise en charge dans leur consommation par le trésor public ; mobiliser le financement extérieur, puisque la Regideso a besoin d'un grand financement pour atteindre les objectifs du millénaire ; améliorer le climat social, la performance, l'harmonie et la communication avec les différents organes de l'entreprise de manière à mobiliser toutes les énergies, toutes les capacités et toutes les ressources pour que tout le monde soit impliqué à la réussite de ce programme qui vise essentiellement des équilibres fondamentaux pour une meilleure desserte en eau potable à la population et, enfin, soutenir un effort constant de communication tant au niveau de l'entreprise qu'au niveau des différents organes à l'extérieur. Notamment, avec le Gouvernement, partenaire de la Regideso et la population, première bénéficiaire de ses services afin qu'ils soient tous informés du travail de l'entreprise.
Mais, comment faire aboutir ce vaste programme de redressement et avec quels moyens ?
La Regideso compte d'abord sur soi-même, c'est-à-dire, sur ses propres ressources au travers un assainissement adéquat, une maîtrise bien encadrée et mieux adaptée de la gestion financière. Cette mesure d'encadrement peut conduire au développement ou à la stabilité.
Ensuite, au strict respect de la feuille de route qui lui a été proposée par le deux tutelles à savoir : la tutelle technique qui est le ministère de l'Energie et celui du Portefeuille. Cette feuille de route, révèle l'Adg Mukalayi, indique le cadre à suivre et le choix à opérer suivant les priorités retenues dans le programme.
L'Adg croit fermement qu'avec les moyens dont dispose la Regideso : moyens humain, technique et financier et ce, malgré les problèmes de la vétusté des équipements, la Regideso peut redresser le niveau de sa rentabilité.
Aussi, l'entreprise s'emploie à rehausser le taux de recouvrement pris comme moyen pour couvrir les charges d'exploitation et dégager un surplus qui pourra être réinvesti ou réinjecté en vue de la croissance de la Regideso.
Le dernier moyen enfin, est celui relatif au soutien du gouvernement à travers son programme repris dans les cinq chantiers du chef de l'Etat Joseph Kabila dans le volet "Eau potable".
Revoir ou non à la hausse la tarification d'eau potable
Contrairement à ceux qui pensent que l'eau étant un produit naturel doit être distribué gratuitement. Que non ! L'eau a effectivement un coût. Si bien que l'eau brute captée dans n'importe quelle rivière subit un traitement complet de potabilisation. Pour cela beaucoup des charges interviennent dans la transformation de l'eau avant d'obtenir le produit fini. Au nombre de ces charges figurent notamment les intrants tels : la sulfate d'alumine, la chaux hydratée, le sel non iodé, le chlorure de sodium, le praestol ( ) Tous ces intrants proviennent de l'extérieur et sont achetés avec de devises.
En ce qui concerne la tarification, l'Adg déclare qu'elle est faite sur base d'une autorisation du gouvernement au travers le ministère de l'Economie sur base de paramètres économiques.
Néanmoins, a-t-il renchéri, on ne peut pas perdre de vue la dimension sociale de l'eau qui est une denrée vitale. Elle doit être accessible à tous, même au plus démunis. C'est pourquoi le tarif ne doit pas être augmenté pour éliminer les pauvres. Il faut plutôt intégrer les plus faibles pour que eux aussi soient bénéficiaires du programme du gouvernement. L'absence d'une eau potable conduit à des maladies hydriques et appauvrit la population du fait du coût très élevé de traitement.
S'agissant des difficultés de l'entreprise
Les difficultés de la Regideso sont entre autres, celles liées au manque d'investissement d'il y a une quinzaine d'années. L'entreprise n'a plus bénéficié depuis cette période des fonds conséquents au travers le budget d'investissement dans le cadre d'une assistance tant multilatérale que bilatérale du fait de la rupture de la coopération internationale.

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